Milly la Forêt

Milly-la-Forêt

Milly la Forêt

Milly-la-Forêt est située dans la vallée de l'École, à une cinquantaine de kilomètres au sud de Paris. C’est un pôle touristique important du département, et la capitale des plantes aromatiques et médicinales.

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HISTOIRE

Le nom de Milly-la-Forêt viendrait du nom Maurillac en gaulois. Le bourg aurait été fondé aux environs de 285 avant Jésus Christ et aurait été en tout premier lieu un centre d’initiation druidique. C’est de cette époque que date aussi le Menhir de la Pierre Droite qui était sans doute utilisé dans des cérémonies et rituels.

A l’époque de la Gaule Romaine, Milly se trouve sur la voie romaine située chemin de Grimery où diverses pièces et médailles ont été retrouvées lors de fouilles archéologiques. On sait aussi qu’un camp romain a pu être installé quelque temps à proximité de la ville.

Au VIIème siècle, le domaine de Maurillacum appartient à Fulbert Ier qui est un officier du roi des Francs mérovingien Dagobert Ier, qui fut sacré à Milly. C’est aux environs de l’an 640 que naquit Saint Wulfran, fils de Fulbert, à Milly. Wulfran est connu pour avoir converti la Frise aux Pays-Bas et avoir été archevêque de Sens. C’est à la mort du saint que les terres de Milly revinrent au roi Charles Martel.

Par la suite, les terres changeront maintes fois de propriétaires : la couronne royale, les seigneurs méritants, l’Église, etc… au gré de l’histoire et des intrigues. Au XIIème siècle, les terres appartiennent à l’Église qui y fait édifier la chapelle Saint-Blaise-des-Simples. Il s’agit de l’unique vestige restant d’une maladrerie, lieu où étaient isolés et traités les lépreux.

Durant le Moyen- ge, la ville est régulièrement visitée par les souverains de France, que ce soit pour la chasse, des affaires d’État ou bien des unions entre de grands noms. Lors de la Guerre de Cent Ans, suite à la défaite de Poitiers, les anglais pillent la ville et la rasent. Quelques années plus tard, ce sont les troupes du célèbre Prince Noir Edouard de Woodstock qui prennent Milly.

Au XVème siècle, la ville revient à l’amiral de France Louis Malet de Graville. C’est lui qui entreprend de reconstruire Milly et de lui redonner sa gloire d'antan. Il fait édifier des fortifications, la halle, fait reconstruire le château et la collégiale Notre-Dame de l’Assomption. C’est aussi à lui que l’on doit l’une des foires les plus importantes de l’Ile-de-France. La ville jouit aussi du passage de la route de Lyon.

Henri IV fréquente Milly-la-Forêt lors de ses diverses excursions auprès de ses maîtresses à Fontainebleau et Malesherbes. Cependant, la ville perd peu à peu de sa superbe sous Louis XIV qui fait dévier la route de Lyon via Fontainebleau.

Lors du XIXème siècle, la ville est secouée par la seconde pandémie de choléra, puis, par des combats entre français et prussiens lors de la Guerre Franco-allemande. Des habitants sont pris en otage et un commandement allemand s’installe même dans le château.

Lors de la 1ère Guerre Mondiale, Milly-la-Forêt accueille le centre de formation de plusieurs régiments africains mais aussi des troupes américaines. La ligne de tramway reliant Milly à Melun, inaugurée en 1910, est abandonnée à l’aube de la 2nde Guerre Mondiale. De nombreux résistants habitent dans la commune et dans les villages environnants. C’est en plaine de Chanfroy située dans le Massif des Trois Pignons qu’eut lieu le massacre de 36 résistants et maquisards par la Gestapo de Melun.

Dès le milieu du XXème siècle, Milly-la-Forêt devint un lieu de villégiature privilégié de nombreux parisiens et artistes connus dont Jean Cocteau et Christian Dior, entre autres.

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PATRIMOINE

La Halle

En 1479, l’amiral de Graville obtient une grâce de Louis XI afin de bâtir la Halle de Milly-la-Forêt et d’organiser trois foires dans l’année ainsi qu’un marché hebdomadaire. La foire était tellement réputée qu’il s’agissait d’une des foires les plus importantes de toute l’Ile-de-France.

La Halle jouit d’une exposition nord-sud. Sa longueur est de 46 mètres, sa largeur est de 16 mètres et sa hauteur de 13 mètres pour un total de 730 mètres carrés. La Halle est composée de 48 piliers en chêne et sa charpente en châtaignier est typique de l’architecture des halles de l’époque. La Halle de Milly a été classée Monument Historique en 1923.

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L'Église Notre-Dame de l’Assomption

En tout premier lieu, il s’agissait d’une chapelle du château fondée durant le XIème siècle. Ce n’est qu’au XIVème siècle que l’église devient paroissiale. Malheureusement, elle fut fortement endommagée et même incendiée, comme toute la ville, lors de la Guerre de Cent Ans, et ce n’est qu’aux alentours de 1485 qu’elle est reconstruite dans un style gothique sous l’impulsion de l’amiral Louis Malet de Graville, seigneur de Milly-la-Forêt.

La partie basse du clocher, haut de 57 mètres, date du XIème siècle. Sur son côté est, on peut encore observer le blason de l’amiral de Graville. On retrouve aussi celui-ci sur les clefs de voûtes de deux travées du chœur, il s’agit de gueules à trois fermaux en boucles d’or. L’arche du portail proviendrait de l’ancienne église Saint-Pierre de Milly.

L’entrée s’effectue par le portail occidental aménagé au XIXème siècle et utilisant des éléments provenant d’un ancien portail du XIIème siècle. C’est aussi lors de cette époque qu’il y eut d’importants travaux dont le dallage entier de l’édifice. On retrouve dans son intérieur de nombreuses œuvres d’art sacrées qui sont classées. Les restes de Saint Wulfran, un symbole de la ville, se trouvent dans le reliquaire. L’église possède aussi un Christ en croix moderne de Chomo. L’église est inscrite aux Monuments Historiques depuis 1926.

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Le Domaine de la Bonde

Un premier château est édifié dès le XIIème par les seigneurs de Milly. En 1432, celui-ci est en partie détruit par les anglais lors de la Guerre de Cent Ans. Ce n’est qu’à la fin du XVème siècle que l’amiral de Graville entreprend de reconstruire un château sur le domaine de la Bonde. L’ancien donjon datant du Moyen- ge devient le châtelet d’entrée. Le pont-levis et la herse, dont des traces subsistent encore, sont retirés et remplacés par un pont de pierre. On creuse des canaux, on fait agrandir le château et on y ajoute une chapelle. Louis XI séjournera au château plusieurs fois, tout comme d’autres grands noms.

Le château aura de multiples propriétaires proches de la couronne royale et sera remanié par ceux-ci au gré des besoins. Il sera inscrit, ainsi que son parc, sur l’Inventaire des Sites en 1946, puis, en 1972 à l’Inventaire des Sites Pittoresques avec l’église et la maison de Jean Cocteau.

Dans l’ensemble que représente le Domaine de la Bonde se trouve aussi le lavoir de la Bonde. Anciennement utilisé pour la “petite lessive”, le vieux lavoir a été restauré en 1964. Il est séparé de l’abreuvoir pavé par le pont de la Corne. L’abreuvoir au fond pavé permettait aux animaux domestiques de se désaltérer mais aussi à refroidir les roues des véhicules se rendant jusqu’au château.

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Le Colombier

Lors du règne de Fulbert Ier sur Milly, se trouvait un monastère. Il fut en partie détruit par les incursions anglaises en 1432. Le colombier serait l’un des seuls vestiges encore debout faisant partie de la ferme du monastère.

Les colombiers étaient signe de prospérité pour les villes en possédant un. Seul le seigneur des lieux était en droit de faire construire un colombier et le nombre de niches était réglementé par décret royal. Le colombier est en restauration depuis 2021.

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La porte du Moustier de Péronne

Il s’agit de l’un des plus anciens vestiges de la ville, témoignage de l’histoire riche de Milly-la-Forêt. Cette porte daterait du VIIème siècle et permettait d’accéder au moustier (le monastère en ancien français) sous Fulbert Ier. Le monastère occupait une grande partie de la ville. Aujourd’hui, il ne reste du Moustier de Péronne que la porte permettant d’entrer dans l’ancienne chapelle, ainsi qu’une crypte avec de magnifiques piliers centraux à chapiteaux où parfois se déroulent des expositions.

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L' Espace culturel Paul Bédu

Paul Bédu était un homme riche descendant d’une famille milliacoise. Passionné d’art, il passa sa vie à collectionner des œuvres d’art jusqu’à sa mort en 1977. En 1990, sa veuve Gabrielle Lagarde décide de prolonger la mémoire de son mari en léguant sa collection d’art à la ville de Milly-la-Forêt. Elle subventionna les travaux de l’ancienne école de garçons pour en faire l’Espace Culturel Paul Bédu tel qu’il est aujourd’hui. Inauguré le 24 juin 2000, le centre possède une collection permanente et propose des expositions temporaires.

La collection personnelle de Paul Bédu se compose de dessins, peintures, tableaux, sculptures et objets d’art. Grand amateur de paysages, il aimait aussi les nus, les portraits ou les natures mortes. On peut également retrouver dans sa collection “La Vierge à l’Enfant”, une statue gothique du XVème siècle, ainsi qu’un bon nombre d'œuvres graphiques de Marie Laurencin.

L’espace culturel peut aussi se targuer d’abriter la fameuse toile “Et le soleil s’endormit sur l’Adriatique” peint par le mystérieux Joachim Raphaël Boronali, qui n’est autre que Lolo l’âne en réalité. Ce canular a été monté de toutes pièces par Roland Dorgelès qui souhaitait se moquer des critiques d’art. Ainsi, il attacha un pinceau à la queue d’un âne pour réaliser cette peinture. L’espace expose aussi des œuvres plus contemporaines de Jean Cocteau et de Niki de Saint Phalle.

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SITES TOURISTIQUES


La Chapelle Saint-Blaise-des-Simples

La Chapelle Saint-Blaise-des-Simples est construite durant le XIIème siècle alors que les terres de Milly appartiennent à l'Église. La chapelle faisait partie d’une maladrerie. Il s’agissait d’un endroit où l’on isolait et soignait les lépreux. La chapelle leur permettait de prier Saint Blaise qui avait la réputation de guérir par les plantes.

Abandonnée au XVIIIème siècle, la chapelle a eu de nombreux usages divers et variés : tour à tour une prison, un hangar ou encore un séchoir. C’est en 1959 que Jean Cocteau est sollicité par les élus de la ville pour décorer la chapelle. Il y dessine des vitraux et fresques murales représentant la résurrection du Christ, les simples et les plantes médicinales. Les plantes représentées sont toujours cultivées dans le petit jardin qui entoure la chapelle, ces plantes ayant pour réputation d’être utilisées pour soulager les lépreux.

Depuis 1964, Jean Cocteau repose au centre de la chapelle selon son souhait avec son dernier compagnon Edouard Dermit. Sur la dalle sont gravés quelques mots de fidélité : “Je reste avec vous”.

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La Maison de Jean Cocteau

C’est en 1947 que Jean Cocteau décide de s'installer à Milly-la-Forêt avec son compagnon de l'époque, le célèbre acteur Jean Marais. Ils achètent cette ancienne dépendance du château de Milly. Il y entreprend des travaux et aménage notamment le grenier en atelier.

Cocteau résidera pendant 17 ans à Milly jusqu’à sa mort en 1963, de façon ponctuelle, puis de façon définitive lorsqu’il rencontre son dernier compagnon Edouard Dermit. Ce dernier entretiendra la demeure et ses œuvres jusqu’en 1995, année de son décès.

Par la suite, c’est Pierre Bergé, président de l’association Maison de Jean Cocteau, épaulé par le Conseil Général de l’Essonne et le Conseil Régional d’Ile-de-France, qui rachète la maison en 2002 pour en faire un musée qui ouvre en 2010 après de grosses rénovations. Suite au décès de Pierre Bergé, c’est la Région Ile-de-France qui reprend le flambeau pour faire perdurer le musée.

La scénographie du musée a été réalisé par Dominique Païni et Nathalie Crinière et permet de suivre les pas de Cocteau dans trois pièces reconstituées à l’identique : le grand salon où l’on admire une toile magistrale de Christian Bérard, la chambre et le bureau, avec les meubles d’origine. La visite se ponctue de morceaux de sa vie et de son œuvre au travers de dessins et photographies.

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Le Conservatoire National des Plantes

Milly-la-Forêt étant réputée depuis des siècles pour sa culture des plantes aromatiques et médicinales, il était tout naturel d’y installer le Conservatoire National des Plantes. Situé dans un ancien séchoir à plantes, le Conservatoire est un véritable lieu de savoir, de conservation et valorisation du monde végétal. Il s’agit à la fois d’une pépinière, d’un jardin botanique, d’un centre agronomique, et d’un centre d’interprétation. Le lieu possède un jardin de plus de 1 500 espèces utilitaires qui invite à la découverte sensorielle mais aussi un parcours muséographique détaillé retraçant l’épopée fabuleuse des plantes de notre histoire.

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Le Cyclop de Jean Tinguely

Le Cyclop est une œuvre sculpturale en béton, métal et recouverte en partie de miroirs, haute comme un immeuble de sept étages qui trône au cœur du bois des Pauvres de Milly-la-Forêt. Cette monumentale sculpture a été réalisée entre 1969 et 1994 par Jean Tinguely, sa femme Niki de Sainte Phalle et leurs amis artistes.

Alors que le couple habite à Dannemois, ils décident de construire le Cyclop, sans autorisation et sur leurs propres deniers, caché en forêt de Milly. Ils invitent régulièrement d’autres artistes avec qui ils aimaient collaborer, le tout dans une ambiance bon enfant. Le Cyclop est composé de divers matériaux recyclés : miroirs, vieux wagon, tubes d’acier et restes du chantier.

Cependant, dans les années 80, la sculpture monumentale est régulièrement vandalisée, si bien que Jean Tinguely envisage plusieurs solutions comme bétonner le lieu ou le déménager. Finalement, il confie son œuvre en 1987 à l’État français en contrepartie de sa conservation.

25 ans après le début de sa construction, le Cyclop ouvre ses portes au public en 1994, selon la volonté de Jean Tinguely, décédé 3 ans plus tôt. Il est inscrit sur les inventaires du Fonds National d’Art Contemporain, collection de l’État gérée par le Centre National des Arts Plastiques.

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L'Écomusée des Pompiers

L’écomusée “La Passion du Rouge” a ouvert ses portes en 2016. Il s’agit de l’unique musée d’Essonne qui rend hommage aux pompiers. Ce musée présente une magnifique collection de véhicules, objets et uniformes retraçant l’histoire des soldats du feu au fil du temps, de 1800 à nos jours. Différentes salles d'exposition permanentes vous présentent les savoir-faire et le quotidien de nos pompiers.

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SOURCE: Mairie de Milly-la-Forêt, Corpus Étampois, “Histoire du Gâtinais et de l'Hurepoix” de Don Guillaume Morin, Conservatoire National des Plantes, Les Amis de Milly-en-Gâtinais et Environs, Parc Naturel Régional du Gâtinais Français
  • WC publics
  • Animaux acceptés Restauration
  • Anglais

Situation

Périodes d'ouverture

Toute l'année, tous les jours.

Tarifs

Tarifs

Accès libre.
Tarif groupe à partir de 15 personnes.

Visite libre (Individuels ou Groupes) : Gratuit
Visite commentée : 4€ par personne,15 personnes minimum.

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